jeudi 11 juillet 2019

Jour 11 : Immersion dans l’Histoire d’Hokkaido

Il y a vraiment des distributeurs partout !
Aujourd’hui est un jour critique ! Nous avons calculé ce que nus devons laver comme vêtements pour finir le voyage. Le sac est prêt et la laverie repérée depuis la veille dans les locaux d’un capsule hotel, sur les conseils du personnel de notre hotel (beaucoup moins cher que leur service de laverie, ils ont un sens du commerce inversement proportionnel à leur sens du service !). On arrive à l’établissement après un petit déjeuner copieux. Chose curieuse, les Japonais ne mangent vraiment pas sucré le matin, les viennoiseries ont peu de succès. On enlève nos chaussures à l’entrée, on récupère gratuitement de la lessive à l’accueil et on rejoint la pièce. Quelques indications en anglais nous aident à lancer la machine. 30 minutes de lavage pour 300 yens (environ 2,50€). C’est rigolo comme expérience, on se sent un peu plus Japonais, surtout un peu plus débrouillards :D

 

Attention, ça pique !
Après avoir déposé le linge dans notre chambre, on file au jardin botanique. Damien n’était pas plus emballé que ça, mais j’aime les plantes donc il accepte de venir avec parce qu’il est fantastique XD (ce n’est plus Laurine qui écrit :p). Je m’attendais à un petit bâtiment mais en réalité le jardin est très grand et regroupe beaucoup de choses. Des plantes tropicales, des cactus, des plantes carnivores, une roseraie, des plantes plus communes de la région, des plantes alpines, etc... Un effort a été fait dans l’arrangement des plantes pour créer des paysages.

Aménagement des plantes

Tenue traditionnelle ainoue
Dans l’enceinte du jardin il y a même plusieurs musées (ou plutôt des expositions). Nous en avons sélectionné 2 :
- un musée regroupant de animaux empaillés de la région (oiseaux, tortues, petits et gros mammifères). Je n’aime pas savoir que ce ne sont pas des peluches, qu’ils étaient vivants avant d’être empaillés et mis sous vitrine, même si je dois reconnaître que tout ceci est super intéressant et enrichissant (je ne savais pas que les hermines étaient si petites :o )
- un musée présentant quelques outils de pêche et de chasse, des habits, des ustensiles, des bijoux de la culture aïnoue. Ce peuple me fait beaucoup penser aux Esquimaux et ce petit aperçu de leur culture me donne envie d’en savoir plus. Je ne m’attendais pas à autant de richesse dans les détails (broderies sur les vêtements, gravures sur les outils, etc...).

Nous sortons du jardin 2 heures plus tard et encore, nous n’avons pas tout fait, mais un autre «musée» nous attend. Le timing ne nous permet pas d’y passer plus de temps malheureusement. Quoi qu’il en soit, je le recommande vivement à tous ceux qui aiment les plantes (surtout pour moins de 4€ par personne). Nous nous dirigeons ensuite vers le village historique d’Hokkaido, à l’autre bout de la ville. Sur le chemin on s’arrête dans un restaurant Ootoya où on se régale d’une salade avec des karaage (enfin des légumes !!!). Et après... ce fut un peu laborieux de trouver le bon arrêt de bus. Au final on loupe le bus à quelques minutes près. Le prochain (et le dernier) est dans 30 minutes. Ca risque de faire un peu limite pour le village mais tant pis on tente quand même.
Plante carnivore ? cactus ? ou monstre ?

L'entrée du village
Le bus nous lâche pile devant l’entrée du village qui est une réplique de l’ancienne gare de Sapporo. Le bâtiment fait penser à certaines maisons américaines. Curieux ! La demoiselle de l’accueil nous donne le plan du village accompagné d’une traduction... en Français ! Ca, ça va vraiment être pratique. On entre dans le village en traversant ce bâtiment à l’allure américaine, les yeux un peu rivés sur les explications françaises. On s’attendait tous les deux à une reproduction d’un village Aïnou... Ah non, pas du tout du tout ! Il s’agit de bâtiments datant de la fin du 19ème, période de colonisation japonaise en Hokkaido. Ils ne mentionnent même pas une seule fois les Aïnous ! (ils ont bien colonisé quelque chose, non ?!?)

Reproduction d'une quincaillerie
Un peu déçus de prime abord, on se concentre quand même sur ce que nous avons sous les yeux. Un village entier a été reproduit en 4 parties : la ville, la ferme, la montagne et le village de pêcheurs. Certains bâtiments ne sont pas des répliques mais les vrais d’époque, démontés et remontés dans le village. Ils datent de 1870 à 1930 environ. Certains peuvent également être visités (la plupart à vrai dire) et possèdent des répliques d’ustensiles, de produits ou même de vrais outils d’époque ! (Un peu comme l’Ecomusée).

Restaurant-bar et relais
Le travail effectué sur ce village est bluffant et nous immerge complètement dans les différents corps de métier et leur histoire. On en apprend plus sur la colonisation. Le village est vraiment très intéressant sur beaucoup de points. La différence entre les bâtiments, selon les époques et les inspirations de l’architecte (souvent sa région d’origine), est remarquable. On n’aurait pas rechigné sur une heure de rab. Avec tout ça, on comprend mieux aussi pourquoi Hokkaido semble plus récent et parfois aussi moins «japonais». Après tout, la région s’est construite il y a moins de 150 ans, avec parfois une inspiration américaine.
Ferme à l'américaine

E.T.... téléphone.... curry
On retourne en bus et métro jusqu’à Sapporo. Pour notre dernier soir, on voulait tester une spécialité culinaire (encore une !!!) : la soupe au curry japonais. On regarde sur internet quels sont les bons resto de soupe curry à Sapporo. Il y en a 2 du top 5 dans le coin, mais nous décidons d’aller à celui à 2 rues de l’hôtel que nous avons repéré la veille (il y avait un E.T. taille réelle devant la porte, trop kitsch :D ). On entre... il n’y a pas de client. On s’installe à une table dans ce restaurant où passe de la musique jazzy et française, genre années 70.

Nos plats arrivent... littéralement, une soupe au curry avec de gros morceaux de légumes (patate douce, aubergine, carottes). Damien a choisi une base légèrement épicée, moi la version classique. Surprenant (mais terriblement délicieux), dans ma soupe, il y a des herbes de Provence ! Le plat est bien différent des curry japonais classiques. Personnellement je préfère, et de loin, la soupe au curry.
Ne pas se fier à la présentation
Personne d’autre n’est rentré dans le restaurant. C’est dommage, car même s’il ne paie pas de mine, il est vraiment délicieux. Seule la timidité excessive, et presque impolie, de la serveuse nous met un peu mal à l’aise. Allez zou, retour à l’hôtel pour préparer les valises, Sapporo va vraiment nous manquer !

Photo bonus :

Plus besoin de s'embêter à chercher des trèfles à 4 feuilles !

mercredi 10 juillet 2019

Jour 10 : comme si on y habitait !!!

Je vous le confirme, 1m20 c’est petit pour un lit ! On file au petit déjeuner et là, on se retrouve avec un choix de ouf ! Bien mieux qu’à Asahikawa, peut-être pas autant qu’à Sounkyo, mais franchement cet hôtel a de quoi se défendre. Petit coup de coeur pour la «boisson détox» à base d’agrumes.

Comme il fait beau, on voulait faire le village historique Ainu. Fermé le lundi... Pas grave ! Plan B : il y a un jardin botanique à côté du parc Odori. Fermé le lundi... On se croirait un jour férié... Plan C : On les fera demain et aujourd’hui, on commence par se balader dans le quartier.

Le marché aux poissons
Tout proche, il y a le marché aux poissons. C’est une grande allée remplie de magasins de... poissons et fruits de mer. C’est très typique, donc sympa à voir, mais nous ne considérons pas ça comme une attraction touristique. En voyant le prix du crabe, de l’oursin ou encore des noix de saint-jacques séchées, on comprend pourquoi c’est hors de prix dans les restaurants ! Il n’est que 10h du matin et le petit-déjeuner n’est pas si loin donc même si ça aurait été l’occasion de goûter, mon estomac se comprime pour me faire comprendre que NON, pas de fruits de mer de si bon matin. Je ne sais pas si ces magasins sont destinés au particulier uniquement ou si les restaurateurs viennent aussi se fournir dans le coin.


 



Il est frais mon poisson !
Le parc Nakajima
Que calor ! On se dirige péniblement vers le parc Nakajima au sud de la ville. Une fois encore, un parc avec un étang où se baignent des canards, des coins d’herbe entourés d’arbres qui font de l’ombre (fort agréable), et des corbeaux qui croassent. En parlant des corbeaux, il y a beaucoup de panneau indiquant de faire attention, notamment à cause de leur comportement menaçant ou alors ils peuvent lâcher des pierres sur les passants !?! Quelle racaille !

Photo conceptuelle du temple ;)
On se repose avant de continuer un peu plus loin. On passe par un temple, on fait le tour vite fait, il n’a rien de particulier par rapport à ceux qu’on peut voir à Kyoto ou Tokyo, mais c’est assez rare ici en Hokkaido. Plus loin, un pont intrigue Damien, il veut voir la vue d’en haut :) Je suis un peu découragée par les escaliers qui mènent à une plateforme encore plus haut, donc je l’attends en bas bien sagement. En redescendant, Damien s’exclame «Hey ! On peut tremper nos pieds dans la rivière en bas, ça te tente ?». Ouuuaaaaiiis ! Il fait tellement chaud, ça doit faire du bien. Nous voilà au bord de la rivière, pieds nus. J’avoue, l’eau était glaciale pour moi, je n’ai réussi qu’à tremper le bout du gros orteil.
Ce que je n'ai pas vu d'aussi haut !
Trempette les petons
Il est 14h, on retourne en métro dans le quartier de Susukino. Vue l’heure, nous avons 2 choix : des ramen (pas moyen de manger un bouillon chaud...) ou un burger. On choisit cette dernière option en privilégiant toutefois une chaine de fast-food bien japonaise : Mos Burger. Je suis toujours étonnée de voir qu’ils ne servent pas de sauce avec les frites.

On se balade encore un peu dans le quartier et on fait un peu de shopping dans ces magasins immenses, pleins de figurines et autres produits dérivés. La chaleur est vraiment assommante,  donc nous décidons de retourner à l’hôtel pour se reposer. On tombe pile au moment de la diffusion du tournoi de Sumo qui a lieu en ce moment même à Nagoya. Au final on n’a pas vu beaucoup de matchs, on s’est endormi au frais avec l’air conditionné. La seule chose qu’on peut dire, c’est que le public est chaud patate et qu’il a l’air de faire horriblement chaud. Ca promet ! (Damien : quand on connait les termes techniques d’un sport, on a l’impression de comprendre les commentateurs, même quand on dort XD)

La mascotte de Tanukikojidori :)
Nos estomacs se réveillent, celui de Damien réclame des Takoyaki (beignets de poulpe). On se dirige alors dans la galerie commerciale Tanukikojidori, il a déjà repéré le restaurant qui lui fait de l’œil ;) Avant d’y aller on se balade du côté de la galerie que l’on n’a pas encore fait (si si c’est possible, même si on traîne ici tous les jours ;) ). Quand on arrive dans la dernière allée, il y a un changement d’ambiance assez incroyable, la galerie a pris 20ans et les magasins aussi ! Mis à part ce look old school, c’est un coin plutôt branché avec des bars et restaurants tenus par des jeunes.

Une fois au restaurant, on se retrouve au comptoir, a côté de jeunes Japonais branchés, avec notre barquette de boulettes de poulpe et une pinte de highball (Whisky, eau gazeuse et glace). On a commandé la taille médium, on ne s’attendait pas à un verre de cette taille là ! On a la chance d’être pile devant les plaques de cuisson. On observe alors comment ils font ces boulettes que Damien adore. Ca ne semble pas si facile ! (Damien : un des employés était en train de préparer une nouvelle fournée, les retourne un peu trop tôt, et galère un peu. A ce moment, on se regarde en rigolant. Je lui dis que ça semble difficile, ce qu’il me confirme entre amusement et confusion. Il me dit qu’à Osaka, ils les retournent très vite en un seul coup de main.)
Tout un art ^^
Avant de rentrer, on passe devant un Taito Station, salle de jeux vidéo sur borne d’arcade et de UFO catcher (machines à pince pour attraper des peluches). Ces salles sont ultra bruyantes. On fait quelques parties de jeu de rythme (vu le bruit environnant on n’entend pas bien) en remarquant qu’on est plus du tout dans le coup en matière de dessin animé japonais. Damien est surpris (et déçu) de ne voir que très peu de bornes de jeux de combat, et encore celles présentes sont des bornes multi-jeux. Il ne pourra pas tester le dernier jeu qui vient de sortir :(

Au final, cette journée fut un peu comme si on habitait là ;)
A gauche...

... à droite

mardi 9 juillet 2019

Jour 9 : Attention aux ours !

Dodo un peu chaotique pour ma part, les futons ne devaient pas être de super qualité. Damien se réveille tôt et part profiter des onsen une dernière fois. Une fois revenu, on se dirige tous les deux vers la salle du petit-déjeuner. J’ai oublié de vous dire hier que la salle s’appelle «Bonjour». C’est tellement drôle de les entendre le prononcer :) Comme la veille, un buffet immense nous attend. On prend un peu de tout, du salé et du sucré, avant de préparer nos valises et de quitter l’établissement.

On avait repéré la veille à l’office du tourisme des casiers pour mettre les valises. On a l’intention d’y laisser nos bagages pour profiter de la journée. Les casiers sont trop petits pour nos valises, mais nous pouvons les laisser moyennant quelques yens dans les bureaux de l’office de tourisme. Gentiment, la personne de l’office du tourisme nous facture que 2 bagages sur 3.

La rivière Soun
Le programme aujourd’hui est d’aller voir 2 cascades, l’une à côté de l’autre, puis des structures rocheuses remarquables. On longe la rivière pour rejoindre les cascades. La rivière est très jolie et assez agitée. Par contre, il fait horriblement chaud ! On pensait qu’il ferait plus frais en montagne, mais aujourd’hui les nuages se font plus rares que la veille.

On arrive (en nage) aux cascades. Les premières s’appellent Ryuusei no taki (cascades de l’étoile filante), les secondes Ginga no taki (cascades de la voie lactée). Le point de vue est fait pour qu’on reparte avec des photos souvenir. Ce que je trouve dommage, ce qui casse un peu le côté magique de la nature, c’est cet immense parking à bus qui déversent les touristes.
Cascades de l'étoile filante
Cascades de la voie lactée

Attention aux ours
On profite un peu de la vue avant de se diriger vers un sentier de montagne qui nous permet d’accéder à de meilleurs points de vue sur les cascades, plus hauts dans la montagne. Encore un panneau «attention aux ours»... On y va ? On n’y va pas ? Je laisse Damien choisir, c’est lui le plus méfiant de nous deux. Ok on tente ! Le chemin Saoubakudai est escarpé et pas vraiment entretenu. On voit la différence avec les chemins de randonnée en France. Ici on se bat un peu sur un sentier de 30cm de large qui grimpe bien, avec des planches de bois pas très fraîches et à moitié défoncées par endroit.

Les cascades vues de la montagne
La chaleur (et l’effort, avouons-le) me casse. On s’arrête à mi-chemin au niveau du premier point de vue. Le paysage est magnifique, on a l’impression d’être perdus au milieu de la forêt (seulement une impression ?). Damien prend quelques photos, je me repose en profitant de la vue avant de décider de la suite de la balade. Finalement, pour moi il n’était pas question de continuer (coup de chaud à l’horizon), et Damien ne souhaite pas me laisser «seule» avec les ours le temps de faire l’aller-retour (plus de 30 minutes en comptant l’arrêt photo), ou peut-être avait-il peur, lui, de se retrouver face aux ours ? Personnellement, je préfère le voir en preux chevalier inquiet de ma sécurité ;)

Nous redescendons sur la route un peu sur le qui-vive, écoutant les bruits de la forêt. En-bas, de petits stands de type maraîcher vendent des tranches de melon. Elles ont l’air tellement juteuses. Malgré le prix beaucoup plus élevé qu’en France (3,5€ le huitième de melon) on craque et... c’est un délice ! Sucré, juteux, rafraîchissant, on s’en lèche les babines.

Nous continuons de suivre la rivière pour rejoindre kobako (petite boite) la première des structures rocheuses. On se retrouve devant une barrière : accès fermé ! Le tunnel routier parallèle est interdit aux piétons. Que faire ? Il nous reste l’option des taxis aperçus près des bus, mais nous n’avons aucune certitude d’en trouver de l’autre côté pour revenir... Dommage, nous ne pouvons prendre le risque d’être coincés (Damien : dois-je vous rappeler la fréquence des bus). Décidément, Hokkaido est vraiment plus pratique à visiter lorsqu’on a une voiture.

Re attention aux ours :D
Changement de plan : on se dirige vers le centre-ville de Sounkyo pour prendre un repas rapide et revenir sur Sapporo plus tôt que prévu. Sur le chemin nous voyons encore des panneaux «attention aux ours». Mais il y en a tant que ça ?!? Vu la chaleur, on se rabat sur des soba froides (nouilles de sarrasin) et une bière bien fraîche. Ca fait du bien !

Un repas rafraîchissant

Odori, un dimanche
Retour en bus vers Asahikawa. Nous sommes seuls avec le chauffeur quasiment jusqu’à la grande ville. 4 heures de bus et quelques siestes plus tard, nous revoilà à Sapporo. L’hôtel choisi est très bien placé, proche du parc Odori et du quartier Susukino (cf jours précédents). En se rendant à l’hôtel nous traversons le parc Odori, véritable cœur de la ville, où les gens profitent du beau temps estival en ce dimanche après-midi. Nous croisons des familles, des promeneurs, des skateurs (même si c’est interdit ! roh !), cela nous rappelle le parc Yoyogi, le dimanche à Tokyo. Nous apprécions tous deux l’aspect vivant du parc et le bonheur qui s’en dégage.


Pas mal, la vue de la chambre :)
Damien m’assure avoir compris comment fonctionnent les adresses à Sapporo (quadrillage à l’américaine). Nous arrivons «au bon endroit» mais pas d’hôtel... Après avoir fait le tour du pâté de maison, nous demandons notre chemin. L’hôtel était juste de l’autre côté de la route -_-’ Arrivés à l’hôtel, on admire la vue impressionnante du dixième et dernier étage. La chambre est petite et fonctionnelle. Que demander de plus ? Un lit un poil plus grand peut-être, il doit faire 1 mètre 20 de large, on n’est plus habitués !

 
On ressort manger après une petite pause. Ce soir, je veux manger des yakitori (brochettes). On traverse la galerie commerciale Tanukikojidori qui offre un bon nombre de magasins, restaurants, bars, hôtels et loisirs : on devrait trouver mon bonheur :p Chose faite, ou presque : c’est un izakaya, restaurant convivial où l’on commande petit plat par petit plat (brochettes, fritures, salades, pickles). On sait d’avance que ça va nous coûter cher, contrairement à ce que l’on fait d’habitude.

Damien essaie de faire comprendre à la serveuse, qui ne parle pas un mot d’anglais, que leur carte anglaise comporte des erreurs de traduction. La pauvre fut super intimidée par Damien. J’ai réussi à la détendre un peu en commandant les plats moi-même (sous les indications de Damien). De femme à femme, ça passe un peu mieux ! Ce qui me fait rire, c’est que quand on a affaire à un serveur, très souvent, il ignore la demoiselle de la table et ne parle qu’en regardant l’homme. Et inversement. 

Que d'excès !

La galerie Tanukikoji
On sort tard du resto et on se balade pour une session photo nocturne. Il est plus de 22h, c’est fou comme l’ambiance de la ville a changé. Dans le parc Odori, peu de lumière (dommage pour les photos !), mais skateurs, danseurs et basketteurs artistiques ont remplacé les promeneurs et familles.

Dans la galerie commerciale, les rideaux de fer descendent et des musiciens s’installent, seul ou en groupe, non pas pour trouver leur public mais pour répéter et passer un bon moment entre amis. On voit aussi apparaître les «diseurs de bonne aventure» qui lisent les lignes de la main. (Damien : Ca existe en vrai ? Je pensais que ça servait juste à nous aider à avancer quand on est bloqué dans les jeux vidéo).

Damien trouve enfin un endroit sympa pour les photos, quand sonne 23h et... tout s’éteint ! Je crois que la ville nous fait comprendre qu’il est temps d’aller se coucher !

Photo bonus :
Fleurs sauvages au bord de la rivière

Parce qu'elles sont trop jolies

lundi 8 juillet 2019

Jour 8 : La tête dans les nuages

On embarque toutes nos affaires et on s’en va ! Pas de regret, en 48h on a le sentiment d’avoir vu tout ce qu’on voulait. Pour ma part, Sapporo fait partie de mon top 3 (après Hiroshima et Nagasaki). Quant à Asahikawa, la ville fait aussi partie d’un top 3 : les villes que j’aime le moins. Je pense même qu’elle a détrôné Osaka ! Pas de petit déjeuner aujourd’hui, on chope juste une bouteille de thé/café et des baumkuchen (gâteaux roulés d’origine allemande) au konbini (supérette) avant de prendre le bus pour Sounkyo.

On s’attendait à un bus comme pour faire les grandes lignes, confortables et surtout avec des cales à bagages. Gloups ! C’est un bus de ville... Pas de cale donc on se dépatouille comme on peut. 

Des champs, des champs, des champs et des montagnes !
Le paysage est très montagneux à droite, à gauche, tout devant. On se sent comme encerclé par les montagnes. On a vu un terrain de golf sur un terrain de foot... curieux ! Quelles montagnes magnifiques ! Des rizières, des champs cultivés, le paysage est vraiment beau à regarder. Les montagnes me font penser à certaines que j’ai vu étant petite, pas celle remplies de pins que l’on observe chez nous ces dernières années.

Par contre, il y a un nombre de maisons abandonnées complètement hallucinant. Cela rend le premier plan assez triste. On a vu un reportage il y a quelques mois sur les maisons de campagnes. Les agences immobilières les donnes (gratuitement, si, si !) pour tenter de combattre la désertification des campagnes. Il y a «juste» à les retaper. On comprend mieux se phénomène maintenant qu’on est éloigné des grandes villes et de leur banlieue. 

Notre "auberge traditionnelle" -_-'
Sounkyo, ville thermale si l’on peut dire, avec une foultitude d’établissements hôteliers, d’onsen, de points d’informations tourisme. Il y a-t-il autre chose ? A priori non. On dépose les bagages à l’hôtel. Check in time, 3 o’clock... Ah non hein ! Ca ne va pas recommencer ! Non, non, il nous l’indique juste. On fait notre planning de la journée grâce aux fascicules.

Go to the ropeway ! Il y a un restaurant en haut et des randonnées à faire. Sur le chemin, on aperçoit au loin un daim près d’une aire de pique-nique. On s’en approche pour prendre quelques photos. Il n’a vraiment pas peur des hommes ! Damien a pu s’approcher à moins de 10 mètres de l’animal. Pas si mal en sachant que c’est un animal sauvage :) 

Pas facile à approcher

Les gorges de Sounkyo
Le timing se goupille super bien. Vu le prix du téléphérique et des télésièges qui emmènent encore plus haut, on ne le fera qu’une seule foi. Petit tour de repérage après le téléphérique, on a une vue imprenable sur les montagnes et les gorges de Sounkyo. De l’autre côté, le mont Kurodake se cache dans les nuages. Au restaurant, nous prenons les spécialités : kurodake ramen (nouilles dans un bouillon avec des champignons de style pleurote) et black miso ramen (nouilles dans un bouillon de miso noir, assez fort en goût).
 

Les spécialités locales (et des gyoza en plus)
Kowakatta !! (j'ai eu peur)
D’après la météo, il y a un risque d’averses. Donc on profite qu’il fasse beau pour monter un peu plus haut sur la montagne. 1500m sur les 1900 qu’elle fait au total. On prend les télésièges. Il n’y a pas de barres de sécurité :S On doit être au maximum à 1,5m du sol, mais l’absence de barre de sécurité me stresse un peu. Je me tiens bien de côté et gronde Damien dès qu’il fait des blagues. D’après les infos, la montée dure 15min mais ça ne semble pas si long. Au fur et à mesure de la montée, on se les caille ! On a bien un gilet dans notre sac mais... je vous rappelle qu’il n’y a pas de barre de sécurité ! Tant pis, on se les gèlera jusqu’en haut. A l’arrivée, 2 staffs nous donnent les instructions pour sortir du télésiège. Nous rigolons lorsque l’un d’eux nous sort un «ready? Go!».

Le club vosgien aurait du boulot !
Il y a une grande randonnée de 3h aller-retour à faire pour atteindre le sommet du mont Kurodake. Clairement, nous n’avons pas le matos pour avoir suffisamment chaud durant le périple et peut-être pas la condition physique. On préfère jouer la sécurité et faire la petite ballade de 30min qui nous amène à un point de vue sur les cascades Amaryo. Les nuages sont bas et changent à chaque second. La vue est impressionnante et on regrette un peu la présence de tant de nuages. On voit encore sur les hauteurs des monts environnants quelques tâches blanches (de la neige ;)  )








Sur le chemin, on en a vu un petit peu :)
La tête dans les nuages
Une des fleurs locales
 De retour de notre balade, nous patientons avec un chocolat chaud et un livre de photos des fleurs et papillons de la région en espérant que les nuages se lèvent un peu. Au bout de 30min, c’est encore pire ! Tant pis ! On redescend en télésiège (toujours pas de barre T_T ) et on s’amuse à reconnaître les fleurs sur le chemin. 

Avant de prendre le téléphérique pour la fin de la descente, on s’arrête au stand d’un sculpteur de bois qui connait quelques mots de français (bonjour, merci, hibou et punaise... ). il nous explique que les hiboux sont des animaux protecteurs dans la culture Aïnou. Aïnou est le nom du peuple aborigène d’Hokkaido, dont la culture fut reconnue par les japonais en... 1997. Jusqu’alors, ils n’avaient pas le droit de marquer leurs différences culturelles et devaient se fondre dans la masse.


Petit salon à la japonaise
On redescend à l’hôtel pour prendre notre chambre. Il n’a rien d’une auberge traditionnelle et ressemble plus aux énormes complexes hôteliers qu’on retrouve dans les villes thermales françaises. La chambre est composée d’une partie classique, avec 2 lits occidentaux et d’un salon japonais, avec table basse, coussins et tatamis. Je repère des futons dans le placard et espère que le personnel viendra nous les installer pendant le repas. (ce qui était le cas lors de nos précédents voyages).

On «blogue» un peu avant de rejoindre le buffet pour le dîner. Il y a une multitude de plats, chauds ou froids, des grillades, des salades, des plats en sauce, des soupes... On ne sait plus où donner de la tête et on a envie de tout goûter ! Le thé, l’eau et toutes sortes de cafés (expresso, latte, cappu...) sont à volonté. Pour le reste (soda, bière, vin), il faut payer.... cher ! Globalement, les plats sont bons. Rien à redire ! Par contre, le principe du buffet est moins typique que les petites salles avec menu imposé que nous avions lors de nos précédents voyages. Il y a un côté plus «industriel», à la chaîne, comme si nous n’étions que de simples numéros. 

Tout petit aperçu :)

Coucher de soleil depuis notre chambre
Retour à la chambre 1h après, c’est allé vite ! Puis... ONSEN ! Pas de coin famille donc Damien et moi sommes séparés. Les filles d’un côté, les garçons de l’autre. L’onsen extérieur était très chaud chez les hommes, mais chez les femmes, largement supportable, même le moins chaud des onsen que j’ai fait. Je suis toujours mal à l’aise, non pour la nudité mais par peur de faire une maladresse. Il y a un rituel à suivre. Se laver, se baigner sans tremper les cheveux (il me semble), se relaver, se sécher avant de retourner aux vestiaires, tout en sachant que la serviette... est dans les vestiaires... euh...

Mais qu’est-ce que ça fait du bien ! Ca repose, ça détend, ça revigore et ça donne la peau douce, douce, douce. Ah oui, et ils offrent une panoplie de produits de beauté, des gommages, des soins du corps, des soins des cheveux, etc. Un régal ! Je suis la première à sortir, à quelques minutes près, et échange quelques mots avec une mamie japonaise qui sortait des onsen en même temps.

Retour à la chambre pour voir que les futons n’ont pas été préparés par le staff. Pourtant, on relit bien les infos de notre réservation et les indications (en anglais), ils sont censés le faire. grrrrrr ! J’attends Damien pour préparer tout ça, comme des grands. Non mais ! Franchement, l’hôtel est pas mal, mais vu le prix et nos expériences passées, je ne le recommanderai pas !

Photo bonus : A méditer...



Traduction :
Les seules choses que vous pouvez prendre sont des photos
Les seules choses que vous pouvez laisser sont vos empreintes de pas

samedi 6 juillet 2019

Jour 7 : Orage, Ô désespoir

A la base nous devions faire Shirogane aujourd’hui et les fleurs de Furano dans quelques jours. D’après nos recherches plus approfondies de la veille, Shirogane ne semble vraiment pas long à faire, ou du moins pas de quoi occuper une journée. Comme on ne trouve pas de grand intérêt à passer une bonne partie de la journée à Asahikawa (le personnel de Ten to Ten avait raison!), nous regardons comment boucler Shirogane et Furano dans la même journée. C’est possible, mais il y a vraiment peu de bus (parfois 4 par jour seulement) et il ne faut pas se louper sur les horaires.

On les aura tous fait

Le trajet de bus est l’occasion de voir la vraie campagne japonaise. Des arrêts de bus pour 3 maisons, des champs à perte de vue et des montagnes au loin. Ca nous fait penser aux campagnes que l’on peut voir dans certains films d’animation (Studio Ghibli par exemple).

Les "moustaches blanches"
Descente du bus au terminus, Shirogane Onsen. Il n’y a pas à dire mais il faut quand même leur tirer les vers du nez pour avoir des informations sur les lieux touristiques. De là nous nous dirigeons vers Shirahige no taki (la cascade moustache blanche). La cascade n’est pas impressionnante de part sa puissance mais on aperçoit déjà la couleur bleue typique dans la rivière dans laquelle elle se jette. Damien repère un point de vue un peu plus haut et nous décidons d’y aller. Mais d’abord il faut affronter : un tunnel d’escaliers ! Une fois en haut on voit... rien ! Enfin si : de la verdure et des nuages à la place des sommets abruptes et enneigés promis par la table d’orientation... Tout ça pour ça !

Tout ça...

... pour ça !

La cascade Fudo
Pour aller de Shirogane Onsen à Shirogane Blue pond il y a 50 minutes de marche (c’est le conducteur du bus qui l’a dit). Comme de toute façon il n’y a pas de bus avant un bon bout de temps, nous décidons de le faire à pied. En plus sur le chemin il y a la cascade Fudo, nous faisons donc un petit crochet. La cascade est beaucoup plus puissante que Shirahige, mais moins accessible car en pleine forêt. Sur les bords du chemin il y a quelques statues à l’effigie de bouddhas et une plus grande statue avec des «offrandes» (bouteilles de bière, d’eau et fiole de saké). Damien avait l’impression d’être dans un cimetière.


Pas d'anglais, je crois qu'ils veulent se débarasser de nous !
Pour finir le trajet nous avons le choix entre deux itinéraires : soit nous longeons la route, soit par un sentier dans la forêt. Nous voulons tester par la forêt mais un panneau uniquement en Japonais interpelle Damien : faites attention aux ours. Il était aussi peu rassuré que moi avec le serpent l’autre jour. On fait quand même quelques pas sur le sentier, mais il devient très vite un chemin de fortune parmi les herbes hautes... Pas trop pour nous (Damien : surtout s’il y a des ours...). En plus le tonnerre gronde au loin et nous ne connaissons pas le temps de trajet. La route c’est plus sûr !

Paysage mystique
Nous voilà au Blue Pond. Changement d’ambiance, il y a un énorme parking avec des cars déversant les touristes (majoritairement Chinois). Dommage car l’endroit semble surnaturel, avec l’eau d’un bleu turquoise profond et les arbres morts plongés dedans. La couleur du lac change en fonction de la luminosité et des nuages, en plus d’être un vrai miroir. Cela reste malgré tout impressionnant à voir et nous avons profité du spectacle qu’il nous offre un bon moment (même s’il est assez petit et en évitant de se retrouver malencontreusement sur un selfie -_-’ ). Une glace plus tard (bleue elle aussi) nous attendons le bus, à un arrêt (logique) en plein milieu de la forêt, au bord de la route, sans renfoncement (ça, c’est moins logique et en plus dangereux, surtout quand il y a une bonne dizaine de personnes qui attend).

J'ai toujours pas compris le rapport avec le renard...

Ceci est un arrêt de bus

Quand il est 12h12 depuis plus d'une heure...
Biei nous sert de point de transfert entre Shirogane et Furano. Cela nous évite une heure de bus pour revenir sur Asahikawa. Ca devient une habitude, nous voilà déposé en plein coeur de la ville. Heureusement il y a un point d’information pour les touristes à côté de l’arrêt de bus. En réalité il s’agit d’un café où ils ne parlent pas un mot d’anglais, et quand on leur demande l’arrêt de bus pour Furano, ils nous indiquent l’arrêt d’où on vient... Nous nous dirigeons vers la gare et nous trouvons un vrai office de tourisme. Ils ne parlent pas plus anglais mais ont des fiches explicatives, donc on se comprend. Les informations en poche il nous reste un peu plus de 30 minutes pour manger. Défi relevé même si un peu stressant. En plus le repas était délicieux :)

Nous voilà parti pour Furano et devinez quoi ? On peut se brosser pour avoir des informations... La veille on avait vaguement vu qu’il fallait descendre à Nakafurano, alors, après avoir demandé confirmation au chauffeur, on y descend. Et là, rebelote ! Perdus au milieu de la ville, on suit un panneau office du tourisme qu’on ne trouvera jamais, à moins qu’il ne s’agisse du koban (commissariat de proximité) qui nous avait déjà servi de point d’information lors de précédents voyages. On entre : personne ! Il y a un petit panneau «Agent en patrouille, au besoin, appelez-nous». Ils sont sérieux ? Pas de panique, on va bien trouver des indications à la gare JR.


Le ciel nous tombe sur la tête !
Le temps d’y arriver il se met à flotter (vous vous souvenez les grondements de tonnerre du matin). Un orage éclate, on se fait rincer et la gare devient aussi notre abri. On en profite pour chopper des infos même si notre motivation en a pris un coup. Furano est réputé pour ces champs fleuris de toutes les couleurs, la ferme Tomita en est son étendard. Le prochain train vers la ferme est à 16h30, notre bus de retour (le seul) à 17h, et il est 15h30... Next. A pied il y a un peu moins de 2km mais il pleut des cordes. Next. En taxi ? D’après la dame qui nous renseigne à la gare il y en a toujours sauf... maintenant... Next. On décide donc d’aller voir les champs municipaux à 500m (histoire de ne pas être venus pour rien). On est trempé, les couleurs sont fades, mais il y a un panneau «Ferme Tomita 700m», c’est jouable, de toute façon on est déjà trempés.
Que vois-je? Que vois-je? du jaune, du rose, du vert
Sur place on s’attendait à voir des champs à perte de vue, mais finalement c’est assez concentré et certainement plus beau de loin que de près. Toutes les fleurs (dont la lavande qui est le cœur de la ferme) ne sont pas encore écloses, il pleut toujours, on s’abrite dans un magasin où ils vendent plein de produits à base de lavande. La pluie ne s’arrête pas, on en a marre, on prend le premier taxi qu’on voit direction l’arrêt de bus. Finalement le timing était parfait. J’en attendais pas mal de cette sortie et je suis assez déçue, c’est joli, mais pas exceptionnel. En réalité, pour bien en profiter, il nous aurait fallu une voiture (et du beau temps ça aurait été cool aussi).

Nous avions prévu Furano le 8 juillet, finalement nous ne sommes pas emballés à l’idée d’y retourner, notamment vu ce que ça nous coûterait, alors nous changeons tous nos plans en sachant qu’on ne rechignerait pas sur une journée supplémentaire à Sapporo (tant de choses à faire !). On annule la troisième nuit à Asahikawa, l’hôtel qu’on avait choisi n’a pas de disponibilités pour une nuit supplémentaire, du coup on l’annule aussi et on cherche un hôtel de disponible à Sapporo pour nous accueillir 3 nuits dans 48h. Mission accomplie !

Au programme demain : Montagne, Onsen (sources chaudes) et auberge traditionnelle ! :)